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О ЛУРДЕ

Le 6 novembre dernier (1995) à Lourdes

LA "VISITATION" DU PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Comme chaque année, du 18au 25 janvier, a lieu la Semaine de l'Unité, célébrée dans le monde entier par toutes les Eglises chrétiennes. La lettre à l'Eglise de Laodicée: "Voici que je me tiens à la porte et je frappe" (Ap. 3, 1422), dernière des sept lettres de l'Apocalypse adressées à différentes Eglises du monde chrétien, nourrira la réflexion pour l'année 1996. La visite de Bartholomée 1er -patriarche orthodoxe de Constantinople- aux évêques français réunis pour leur conférence annuelle à Lourdes a été un signe majeur de la volonté de rapprochement entre ces "Eglises sœurs". Une étape importante du dialogue œcuménique et une première historique...

Le patriarche Bartholomee a LourdesLes évêques français ont reçu à Lourdes le premier des orthodoxes, le patriarche Bartholomée de Constantinople. "Nous éprouvons vivement la nostalgie de cette vieille unité entre l'Orient et l'Occident au sein de l'Eglise indivise, au temps où saint Irénée, venant d'Asie Mineure, devenait le premier évêque de Lyon", a souligné à Lourdes le patriarche Bartholomée 1er qui a embrassé chacun des évêques catholiques de France dans une ambiance très inhabituelle pour une telle assemblée. Prenant un petit enfant dans ses bras et le présentant bien haut à ses hôtes, le patriarche de Constantinople a fait écho à Mgr Duval, président de la conférence épiscopale, qui demandait en ouvrant l'assemblée des évêques de France: "Ne sommes-nous pas appelés à redonner plus de vie à nos Eglises par le témoignage d'une vie plus semblable à celle du Christ?".

L'UNITÉ EUROPEENNE

"Vivre l'accord entre unité et diversité est une difficulté cruciale pour chacune de nos Eglises", remarquait Mgr Duval devant le représentant de "l'Eglise soeur" et des deux cents millions de fidèles des diverses Eglises orthodoxes autonomes autocéphales réparties à travers le monde. Le patriarche a notamment évoqué ses efforts en faveur "de la réalisation du rêve, incroyable jadis, de l'unité européenne", cherchant en particulier à réhabiliter l'Eglise orthodoxe de Serbie qui, dit-il, est dans l'opposition au président Milosevic. "C'est unefaute d'identifier l'Eglise orthodoxe serbe avec la politique de ce pays", s'est-il exclamé.

UN CONCILE ORTHODOXE?

Bartholomée Ier a annoncé son désir de réunir "avant la fin du siècle" le concile panorthodoxe attendu depuis quelque trente ans. Dans le sillage de la rencontre de son prédécesseur Athénagoras avec le Pape Paul VI, il souhaite le "réexamen du principe de la primauté". En juin dernier au Vatican, Jean-Paul II et lui ont convenu "que ce réexamen de la place de l'Evéque de Rome dans la structure générale de l'Eglise universelle permettrait la résolution de tous les autres problèmes relatifs à l'unité des chrétiens". Il s'agit là d'une longue marche pour "retrouver les relations qui furent celles de l'Eglise durant le premier siècle du christianisme...". L'huile de la lampe offerte par le patriarche aux évêques français brûlera désormais à longueur de jour à cette intention dans la chapelle de l'adoration du Sanctuaire marial.


"CEUX QUE LE CHRIST TIENT PAR LA MAIN"

Mgr Joseph DuvalMgr Joseph Duual, président de la conférence épiscopale française, a accueilli le patriarche de Constantinople -le premier des orthodoxes- à Lourdes. Extraits de ce très beau discours de bienvenue:

Sainteté, ... Nous vous accueillons en cette cité mariale de Lourdes connue dans le monde entier comme un des lieux où la Mère de Dieu, la Theotokos. est venue rappeler les exigences évangéliques de la conversion et de la prière et se présenter comme la Toute Pure et la Toute Immaculée. Avec vous nous regardons et magnifions celle qui s'est voulue servante du Seigneur, qui a dit oui pour que s'incarne en elle Celui qui est réellement à la fois son Fils et son Dieu et qu'elle a accompagné jusqu'au pied de la Croix. Toute proche de nous dans la gloire du Ressuscité, elle ne cesse de nous le désigner en disant: "Faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2, 5). Comment ne pas penser particulièrement à sa rencontre avec Élisabeth rapportée par l'évangéliste saint Luc? N'est-elle pas pour nous l'archétype d'une vraie rencontre entre chrétiens? Toute rencontre entre ceux qui répondent aux appels de Dieu débouche tôt ou tard sur la joie d'un Magnificat. N'est-elle pas aussi le modèle du service missionnaire de tout baptisé porté par le Christ et portant le Christ pour le révéler au monde? Nous pouvons aussi nous reconnaître nous-mêmes en Jean-Baptiste qui tressaille sans avoir encore vu le jour, car nous exultons de joie par la grâce de la foi parce que, dans le sein de l'Eglise dont Marie est la figure parfaite, nous connaissons et aimons Celui en qui nous croyons sans encore l'avoir vu (cf 1 P 1, 8). Dans la lumière de ce mystère de la Visitation nous saisissons la dimension spirituelle de vos nombreux déplacements dans le monde entier à la rencontre non seulement de vos frères et sœurs orthodoxes mais aussi des autres chrétiens et de toute personne de bonne volonté. Nous gardons en mémoire, avec reconnaissance. votre récente "visitation" à sa Sainteté le Pape Jean-Paul 11, lui aussi infatigable pèlerin de l'unité et de la paix. Nous vous recevons comme un frère dans le Seigneur, nous vous saluons comme l'Evêque du premier siège de l'Orthodoxie et à travers vous, nous saluons toute l'Eglise Orthodoxe que nous n'hésitons pas à appeler Eglise Sœur. L'Eglise orthodoxe et l'Eglise catholique s'enracinent dans la prédication apostolique, dans l'héritage de l'Eglise indivise. Nous affirmons pour notre part que lorsque vous célébrez l'Eucharistie vous la célébrez dans sa plénitude et par elle l'Eglise du Christ s'édifie. Nous croyons que dans l'Eglise orthodoxe et l'Eglise catholique, les diacres, les prêtres et les évêques reçoivent le même ministère, chacun selon l'ordre hiérarchique et célèbrent les mêmes sacrements. Aucun catholique depuis les enseignements du IIème Concile du Vatican ne peut plus douter de ces réalités (cf Décret sur l'oecuménisme n°15). Les premiers résultats des travaux de la commission mixte internationale de dialogue catholique-orthodoxe nous font espérer que le jour n'est pas loin où nos Eglises proclameront officiellement ensemble de telles affirmations... Le rapprochement s'opère aujourd'hui grâce à l'ecclésiologie de communion, thème pour lequel nous devons beaucoup aux théologiens orthodoxes contemporains. Nous le croyons tous: chaque communauté eucharistique autour de son évêque n'est pas une fraction de l'Eglise universelle mais elle la manifeste en plénitude à condition d'être en communion avec toutes les autres. N'est-ce pas ici le seul problème vraiment sérieux qui demeure entre nous: celui de l'articulation entre les primautés locales ou régionales et la primauté universelle pour justement servir tous ensemble l'unique communion?...

hemicycle Sainte BernadetteDes difficultés demeurent dans les relations entre les Orthodoxes et les Catholiques, de vieux conflits s'attardent et se rallument avec souvent une utilisation du religieux par le politique. Nous devons surmonter ces difficultés et résoudre ces conflits. Pour cela il n'y a quun moyen que nous ne pouvons jamais abandonner: le dialogue. Vous l'avez dit, Sainteté, dès votre élection au siège de Constantinople, vous l'avez répété devant les membres orthodoxes de la Commission internationale de dialogue et devant la délégation du Conseil des Eglises chrétiennes en France et vous m'avez fait remarquer que le Pape Jean-Paul II le redit souvent. Votre conviction sur l'absolue nécessité du dialogue nous stimule. Nous comptons sur vous comme nous comptons sur le Saint-Père Jean-Paul II et les autres chefs d'Eglises pour que le dialogue continue, pour qu'il soit repris là où il a été abandonné et aussi pour qu'il ne devienne pas un prétexte pour retarder les décisions qui s'imposent... Sainteté, en pensée nous pouvons contempler l'extraordinaire fresque de la descente aux enfers de votre monastère de Chora. Dans un mouvement à la fois de force et de légèreté, le Christ qui marche sur les portes et les verrous brisés du séjour des morts, saisit de chacune de ses mains celles d'Adam et d'Eve, les entraîne hors de la nuit du néant et veut entraîner avec eux toute l'humanité dans la gloire. Nous sommes de ceux que le Christ tient par la main, de quoi aurions-nous peur?...


L'EGLISE EST VICTORIEUSE QUAND ON LA COMBAT...

La réponse de Bartholomée 1er à Mgr Duval se caractérise par une vision d'espérance en la restauration de l'unité perdue. Les Evêques de France ont offert au Patriarche une statue de la Vierge Marie, spécialement réalisée pour lui par Sœur Mercedes de l'Abbaye bénédictine d'Ozon.

Très chers Frères dans le Seigneur, en vérité, nous devons rendre grâce à Dieu puisque notre présente visite en France, la première visite au cours de l'histoire d'un Patriarche de Constantinople dans votre pays, a coïncidé dans le temps avec cette Assemblée plénière du corps épiscopal de l'Eglise Catholique Romaine en France. A la suite de l'invitation dont vous nous avez fait l'honneur, et pour laquelle nous vous remercions chaleureusement, ce concours de circonstances nous donne l'occasion et la joie de cette rencontre fraternelle, et la possibilité de faire connaissance avec l'ensemble des évêques catholiques romains d'un pays dont le rôle a de tout temps été, et est toujours, de premier plan dans l'histoire et la théologie du Christianisme, rôle analogue à celui qui est le sien dans l'évolution de la civilisation mondiale. Nous savons que ce rôle d'avant-garde, précisément, de l'esprit français dans le progrès de la civilisation, dans la philosophie, les sciences et la technique eut pour résultat que votre Eglise fut confrontée, la première de toutes, au phénomène de l'athéisme, que la première dans le monde entier, elle a subi les persécutions des athées à partir de la Révolution Française et après elle. Mais, en raison de ces évènements, elle fut la première aussi à se voir contrainte au développement des recherches théologiques et philosophiques à un degré tellement élevé qu'il la mette en mesure d'affronter avec succès les attaques et d'acquérir une influence significative dans un environnement mondain ou hostile. En cela elle a confirmé les dires de notre glorieux prédécesseur, saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople et docteur universel, quand il prononça cette phrase célèbre: "L'Église est victorieuse quand on la combat, elle l'emporte quand on l'envie, elle devient plus resplendissante encore quand on l'outrage" (P.G. 52, 398). Aujourd'hui, ici, dans ce lieu de pèlerinage célèbre de Notre-Dame de Lourdes dont la renommée ne se limite aucunement aux seuls fidèles de l'Eglise Catholique Romaine mondiale, nous vous adressons le salut de l'Eglise de Constantinople, qui, par excellence, a été nommée la ville de la Mère de Dieu. Nous vous adressons la salutation de notre Patriarcat Œcuménique qui eut l'honneur d’être, après l'Eglise de Rome, le second Trône Patriarcal de la Chrétienté universelle et le premier en Orient. Il surprend toutefois aujourd'hui par le très petit nombre de ses ouailles en son siège et par l'absence de toute puissance ou protection temporelle. Il constitue pourtant ainsi une confirmation continuelle et vivante de la parole du Seigneur: "Ma force s'accomplit dans la faiblesse" (Cor. Il 12, 9)... Nous observons que, sous la pression de la critique athée et des théories scientifiques matérialistes, l'Eglise Catholique Romaine de France a réussi à promouvoir l'idéal du scientifique chrétien, unissant harmonieusement la recherche scientifique et la foi personnelle dans le Christ... Nous espérons sincèrement que la tendance de la pensée chrétienne française vers l'unité créatrice continuera à offrir des idées nouvelles en vue de la solution des problèmes existants, du dépassement des impasses, du succès dans la restauration de l'unité perdue des chrétiens, pour laquelle nous ne cesserons de prier le Seigneur, connaissant assurément qu'il s'agit là, en tout premier lieu, de son propre désir: "Afin que tous soient un" (Jean 17, 21)...


DIEU DISPENSE SES DONS PAR LA MÉDIATION DE SA MÈRE

Mgr Joseph Duval et Mgr BartholomeeAu cours de sa visite à Lourdes Bartholomée 1er a participé à une célébration œcuménique dans la Basilique du Rosaire. Nous avons choisi de publier intégralement le texte de son homélie consacrée à la Mère de Dieu et prononcée devant tous les Evêques de France. Un magnifique témoignage d'amour envers la Vierge Marie "cime et perfection de la sainteté" dont l'œuvre est de faire croître l'Eglise dans l'unité...

Frères et enfants bénis de l'Eglise, nous éprouvons une joie particulière à nous trouver en ce jour dans l'Eglise de la Vierge de Lourdes et nous assistons à ce saint office avec émotion et beaucoup d'attention. La Mère de Dieu qui a rempli un rôle très important dans la transformation du genre humain et la régénération de toute la création est particulièrement honorée par toute âme chrétienne. En la personne de la Toute Sainte la nature humaine a participé à l'incarnation du Fils et Verbe de Dieu. La participation de la Mère de Dieu, de par une grâce extraordinaire, au mystère de salut du genre humain apparaît aussi à travers l'honneur que lui témoignent toutes les générations selon sa propre prévision prophétique: désormais toutes les générations me proclameront bienheureuse (Lc 1, 48). C'est dans ce cadre que s'inscrivent toutes les recherches et les études particulièrement brillantes portant sur la très sainte personne de la Mère de Dieu.

Priere oecumenique presidee par Bartholomee dans la Basilique du RosaireEn disant tout cela nous pensons aux divers congrès mariologiques internationaux qu'organise périodiquement l'Académie Mariologique Internationale ayant son siège à Rome. A ces congrès participent volontiers des membres choisis de notre Eglise orthodoxe, qui, de par leur formation scientifique, contribuent de manière décisive aux recherches concernant la personne et l'œuvre de la Mère de Dieu. Il est bien connu que l'Eglise orthodoxe dispose d'une bibliographie particulièrement riche, étant donné que la christologie est en étroite relation avec la mariologie et la séparation des deux est impensable. Cela signifie que lorsqu'on examine la christologie en dehors de la véritable mariologie on déchoit dans le monophysisme(1) et lorsqu'on traite de la Vierge en dehors du mystère duChrist on aboutit à une sorte de Nestorianisme(2) et de docétisme(3).

L'OEUVRE DE LA MÈRE DE DIEU...

Marie Mere de DieuDans la tradition de l'Eglise, le troisième concile œcuménique s'est occupé de la très vénérée personne de la Mère de Dieu. Selon ses décisions, la Vierge doit être appelée "Mère de Dieu" et non pas "Mère du Christ". Selon l'hérétique Nestorius, Dieu passa ou passa avec par l'intermédiaire de la Mère de Dieu. Un tel point de vue ébranle les fondements de la véritable christologie et certainement ceux de la sotériologie(4). En dehors du troisième concile œcuménique on rencontre une riche production de travaux patristiques concernant la personne et l'œuvre de la Mère de Dieu. A titre indicatif nous rappelons les Oeuvres de saint Jean Damascène, de saint André, évêque de Crète, de saint Germain Patriarche de Constantinople, de saint Cyrille d'Alexandrie, de saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique, du bienheureux Nicolas Cabasilas et de nombreux théologiens contemporains. De plus, toutes les célébrations liturgiques de l'Eglise orthodoxe foisonnent de la vraie et juste théologie concernant la Mère de Dieu. Nous trouvant aujourd'hui dans ce Sanctuaire de la Mère de Dieu, et face au peuple chrétien, qui vient ici quotidiennement des extrémités de la terre pour recevoir la bénédiction de la Vierge, nous souhaitons mettre en valeur certains points qui témoignent de ce que le chrétien pieux ressent en son cœur, même s'il ne peut pas toujours l'exprimer par des mots. Le premier point est la variété de noms et de titres de la Mère de Dieu comme Pleine de Grâces, Toute Sainte, Toujours Vierge, etc... qui sont en rapport avec les dons particuliers de la Mère de Dieu. Parallèlement à ceux-ci il existe d'autres épithètes qui sont en rapport avec le lieu où se manifeste l'action thaumaturgique(5) de la Mère de Dieu. Dans l'Eglise orthodoxe orientale nous parlons de la Vierge de Tinos, de la Vierge de il est digne en vérité de la Sainte Montagne,... Bien sûr la Vierge est unique étant donné qu'elle est la personne qui offrit sa chair au Fils et Verbe de Dieu pour qu'il puisse prendre chair, mais les différents noms sont donnés en fonction des lieux dans lesquels s'exprime cette présence. Il se produit alors un phénomène analogue à la grâce du Dieu Trinitaire, qui en fonction de ses actions, reçoit une signification particulière. Aussi parlons-nous de l'énergie qui crée, gouverne, substantifie, vivifie, donne la sagesse, et rend divin ainsi que d'une énergie divine, purificatrice, illuminatrice et déifiant.

L'INTERCESSION DE LA VIERGE

Bartholomee 1er est reparti vers la Turqute, mais son message d'esperance reste inscrit dans nos coeursLe deuxième point est que l'amour et le respect que nous manifestons envers la Mère de Dieu sont indissolublement liés à l'amour et au respect que nous réservons à son Fils et Dieu.

La Mère de Dieu est vénérée dans l'Eglise Orthodoxe non seulement pour ses vertus mais aussi pour le fruit de ses entrailles car elle mit au monde le Sauveur de nos âmes. Ainsi, les saints se distinguent par l'amour qu'ils manifestent envers la Mère de Dieu. De sorte que l'honneur envers la Vierge n'est pas autonome. Nous honorons la Mère de Dieu pour atteindre l'amour de son Fils. Ainsi l'amour que nous exprimons à son égard est d’une part le fruit de l'amour du Christ et d'autre part un moyen pour obtenir l'amour de son Fils. Le troisième point est celui que soulève le grand problème théologique de l'intercession de la Vierge. Dans de nombreux textes théologiques on s'adresse à la Mère de Dieu pour qu'elle intercède pour le genre humain et chacun d'entre nous. Nous connaissons par l'Ecriture sainte qu'il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, souvenons-nous de la voix de Paul, grand Apôtre des nations: il nous a réconciliés avec Dieu le Père, c'est lui qui est notre paix, au moyen de sa croix il a tué la haine (Ep 2, 14-17). Si le Christ par son sacrifice, sa croix et sa résurrection est devenu un médiateur entre Dieu et les hommes, et étant donné qu'en son hypostase se trouvent réunies sans mélange, sans confusion ni division les natures humaine et divine, la Mère de Dieu est le médiateur entre nous et le Christ. Aux noces de Cana apparaît l'intervention directe de la Mère de Dieu. C'est elle qui prie son Fils de transformer l'eau en vin, c'est elle aussi qui encouragea les personnes présentes à obéir au commandement du Christ (Jn 2, 4-5). Sur ce point on reconnaît clairement la double action de la Mère de Dieu, d'une part elle prie son Fils d'intervenir pour aider les hommes et d'autre part elle encourage les hommes à obéir aux instructions de son Fils. Cela signifie que l'oeuvre de la Mère de Dieu ne peut pas être envisagée indépendamment de l'œuvre du Christ. Lorsqu'on étudie la merveilleuse personne de la Toute Sainte on est étonné dans la mesure où elle n'a jamais revendiqué une dignité à l'intérieur de l'Eglise mais resta humble et simple, vivant dans le silence et la prière tout en restant au centre des célébrations et de la vie de la première Eglise. En sa personne nous honorons l’humble existence féminine qui se sanctifie par le silence, l’amour et le service.

Les Saints Pères parlent de sa bienheureuse personne en termes de chants et de louanges. Les offices liturgiques de l'Eglise Orthodoxe et les homélies des Pères à l'occasion de ses fêtes abondent de désignations d'images et de propos merveilleux qui célèbrent sa personne et exaltent sa gloire et sa dignité. Parmi les Pères qui ont été affectés d'un amour divin envers sa personne se distingue saint Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique dont nous citerons dans la suite de notre discours quelques passages.

SOMMET DE LA SAINTETÉ

La Mère de Dieu selon le divin Grégoire, se situe aux confins du monde créé et du monde incréé. Dieu est nature incréée, n'ayant ni début, ni fin et ne connaissant ni changement, ni altération alors que toute la création est de nature créée car elle a une origine, elle connaît le mouvement et le changement mais pas la fin puisque cela a eu la faveur de Dieu. Le point commun entre le créé et l'incréé est le Christ seul, Dieu et homme, sa Mère quant à elle est celle qui porte l'union hypostatique entre les natures humaine et devine, réalisée dans son sein en la personne du Christ.

L’unité et la fidélité de la Mère de Dieu envers le Christ l’a rendue administrateur et magistrat de la richesse de la divinité, en offrant la grâce de son Fils équitablement et en fonction de la pureté de chacun. Avec sa vie est advenu le miracle des miracles et le bienfait le plus immense depuis les origines. Sa gloire est infinie, car elle est plus brillante que la lumière, plus fleurie que le paradis, plus majestueuse que les mondes visible et invisible.

La Mère de Dieu est après le Christ tout en étant avec lui en raison de son unité avec Lui, l’ascendance des prophètes, l’origine des Apôtres et le fondement des docteurs. Elle est la gloire des choses humaines, l’enchantement des choses célestes et l’omement de tout le monde crée. Elle est la base, la source et la racine des biens Invisible, elle est la cime et la perfection de la sainteté.

Cette dernière phrase présentant la Vierge comme cime et perfection de la sainteté témoigne de l’importance de sa personne ainsi que son merveilleux accomplissement. Elle a surpasse toute la nature humaine, elle demeure le sommet de la sainteté tout en étant la finalité de toute la sainteté, car selon la parole des Peres, Dieu dispense ses dons par la médiation de Sa Mère.

Nous demandons sans cesse la grâce de son Fils, nous sollicitons jour et nuit son intercession, afin qu'ayant traversé la mer de la présente vie, nous parvenions au port serein du Royaume des Cieux. Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et seul sage, qui est né de la Mère de Dieu aux derniers temps pour le salut du genre humain, honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen (1 Tim. 1, 17).

(1) Le monophysisme est une théorie qui affirme que les deux natures -humaine et divine- dans la personne du Christ sont si unies qu'elles sont confondues.
(2) Le Nestorianisme met au contraire l'accent sur la dualité des deux aspects, divin et humain, de la personne du Christ.
(3) Le docétisme est un ensemble de doctrines -répandues aux II et III-èmes- ayant pour point commun la négation de l'Incarnation du Christ.
(4) Sotériologie: étude de tout ce qui concerne le Salut des hommes en Jésus-Christ.
(5) Action thaumaturgique: faire des miracles.

Lourdes Magazine n.48 - janvier 1996

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Суббота 19 августа 2017 года - Преображение Господне - Божественная Литургия, освящение плодов нового урожая - Начало в 10-00